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"Tu es toi, tu vis, tu possèdes un corps, un esprit, tu as une maison, elle est ton toit, elle te protège. Tu vis dans ton quartier, ta ville, elle te nourrie, te fournis un travail. Tu vis dans ton pays, il est ton peuple, il te guide, il te soumets à tes conditions de vie. Tu vis sur ta planète, tu respire son air, tu manges ce qu'elle te donne, elle te fait vivre. Tu vis prés de ton étoile, elle te donne de la lumière, de la chaleur, elle te fait vivre. Tu vis dans ton système planétaire, avec ses planètes et ses lunes qui sont nées pour te faire vivre. Tu vis dans ta galaxie qui s'est formées il y a des milliards d'années. Tu vis dans ton Univers, il t'a donné ton étoile, ta planète, ton chez toi. Ne le néglige pas. S'il existe, c'est pour toi, car il fait parti de toi. Il est en toi, comme ton être, ton esprit, il est partout, comme toi, tu fais parti de lui."

Le voyage dans le temps : possible ou non ?

INTRODUCTION

Comme personne n’a encore avancé d’arguments incontestables pour démontrer l’impossibilité du voyage dans le temps – bien que les difficultés pratiques de la construction d’une telle machine puissent sembler décourageantes... – il faut faire face aux conséquences éventuelles d’un voyage dans le passé. Les auteurs de science-fiction sont habitués aux conséquences étranges et même paradoxales qui pourraient se produire si les gens visitaient le passé. Question : un voyage à double sens dans le temps pourrait-il être incorporé dans la science réelle ?

COMMENT ÉVITER LES TOURISTES TEMPORELS ?

Une objection qui saute aux yeux concernant l’éventualité de voyager dans le temps est justement que nous ne voyons pas grand monde – si ce n’est personne – venir du futur ! Or, s’il était effectivement possible de retourner dans le passé, nous pourrions espérer que nos descendants – peut-être venus de milliers d’années depuis le futur – aient fabriqué une machine à explorer le temps pour nous observer, ou nous parler d’eux, non ? Ainsi, les témoins auraient afflué en masse aux évènements clés de l’histoire comme la Crucifixion. Récits de fantômes, d’OVNI et autres excentricités mis à part, l’absence évidente de touristes  temporels est un argument bien ennuyeux pour les passionnés du voyage dans le temps ! Heureusement, cette objection est facilement réglée dans le cas du trou de ver à explorer le temps. Bien que les trous de ver représentent des portes temporelles vers le passé et le futur, il est impossible d’en utiliser un pour visiter une époque avant qu’il ne soit conçu. Si nous en fabriquions un aujourd’hui, et établissions un écart de temps de cent ans par exemple entre ses deux extrémités, alors dans cent ans, quelqu’un pourrait revisiter 2011. Ce trou de ver serait bien sûr inutilisable pour retourner à l’époque des dinosaures. Par contre, si des trous de ver existaient déjà à l’état naturel, ou avaient été fabriqués il y a longtemps par une civilisation extraterrestre, nous pourrions visiter des époques passées. Si le premier trou de ver à explorer le temps était fabriqué en l’an 3000, il ne pourrait y avoir aucun touriste temporel en l’an 2000...

LES PARADOXES DU TEMPS

Le plus célèbre de tous les paradoxes du voyage dans le temps est sans doute celui qui concerne le voyageur temporel retournant dans le passé pour tuer ces ancêtres, sa mère par exemple. Le problème devient évident. Si sa mère meurt avant de lui donner naissance, alors lui n’aurait jamais existé et se trouverait de fait dans l’impossibilité de commettre le meurtre. Or, si la femme vit, elle meurt, mais si elle meurt, c’est qu’elle vit ! D’une manière ou d’une autre, il en résulte une absurdité contradictoire.

De nombreuses histoires de voyages dans le temps se sont heurtées à cette incohérence ô combien épineuse. Dans le film Retour vers le futur, Marty McFly n’essaye pas de tuer sa mère, laquelle n’est encore qu’une jeune fille, mais se retrouve impliqué dans sa vie amoureuse au point de risquer d’interférer sur ses plans de mariage. Conséquence, il vacille et se retrouve sur le point d’être effacé de la réalité ! Évidemment, sa disparition ne résoud pas le paradoxe, car si effectivement il venait à disparaître, il lui aurait été impossible de visiter le passé et d’influencer l’histoire... Des paradoxes comme celui-ci viennent du fait que le passé est lié au présent. Il l’est de manière causale. Ainsi, vous ne pouvez pas modifier le passé sans affecter le présent. On parle là de boucle causale... Comme le comportement de nombreux systèmes physiques est très sensible aux petits changements, un « bricolage » – même modeste – sur le passé pourrait conduire à de sérieux bouleversements sur le présent. Imaginez le monde aujourd’hui si Adolf Hitler avait été assassiné en 1939 ! Ou si la minuscule mutation génétique qui créa le premier être humain n’avait jamais eu lieu parce que l’hominidé concerné se serait décalé d’un centimètre sur la gauche, évitant ainsi le rayon cosmique déclencheur de la transformation de l’espèce ! Dans l’histoire de Ray Bradbury, Un coup de tonnerre, un voyageur temporel part dans le passé à la rencontre les dinosaures. Provoquant accidentellement la mort d’un simple papillon, il déclenche toute une série d’évènements qui transforment entièrement le cours de l’histoire. Aussi longtemps qu’elles sont logiques, les boucles causales ne sont pas intrinsèquement paradoxales. Changer le passé reste manifestement paradoxal. Après tout, le passé est le passé. Pourtant, affecter le passé n’a rien de choquant du point de vue logique. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’il n’y a pas d’empêchement logique à ce que certains évènements soient causés par d’autres ultérieurs (ou par un mélange d’évènements ultérieurs).

Par exemple, imaginez un riche investisseur, aventurier, dont l’énorme héritage provient d’un mystérieux bienfaiteur, lequel s’était lié d’amitié avec son arrière grand-mère un siècle auparavant. Notre chanceux investisseur finance un projet de machine à remonter dans le temps, utilise un prototype pour revenir en arrière dans le but de découvrir l’origine de sa fortune. Ne pouvant résister à l’envie de prouver son identité de voyageur temporel, il emporte avec lui un journal qu’il présente dûment à sa jeune arrière grand-mère. Animée d’un esprit d’entreprise, la dame s’intéresse aux cours de la Bourse mentionnés dans le journal, lecture qui lui permet de réaliser des placements fructueux. Vous l’avez compris : ses investissements sont la source de son immense richesse et de celle de son arrière petit-fils. Le voyageur temporel est donc lui-même son mystérieux bienfaiteur ! Il n’y a pas de paradoxe ici car la boucle causale est cohérente. Tout s’imbrique parfaitement. Le paradoxe se présente seulement lorsque nous combinons des boucles causales à un libre-arbitre sans retenue. Car si le voyageur temporel estime qu’il est incapable de (ou qu’il ne souhaite pas) réaliser d’actes malveillants pouvant engendrer des séquences historiques incohérentes – tels le meurtre de sa mère par exemple – alors ce paradoxe particulier est évité.

Pourquoi le libre-arbitre serait-il limité ? Il se pourrait que vous puissiez visiter le passé, mais qu’une fois arrivé sur place, vous vous trouviez continuellement coincé dans ce que vous essayez de réaliser. Si vous tentez de tuer votre mère par exemple, alors le pistolet va se bloquer, ou vous allez être arrêté avant pour comportement suspect, ainsi de suite. Ou peut-être que les désirs qui déterminent vos actes durant ce voyage dans le passé sont simplement dictés par ce qui est cohérent avec le monde futur duquel vous arrivez... Dans tous les cas, le libre-arbitre est un concept délicat, difficile à concilier avec les lois de la physique (même sans voyage temporel !) De nombreux scientifiques et philosophes le rejettent, voyant en lui une illusion. Par ailleurs, il n’est pas nécessaire d’envoyer un être humain dans le passé pour déclencher des conséquences paradoxales. En principe, une simple particule (ou n’importe quelle infime influence physique) peut à elle seule semer la pagaille. Supposez qu’un système sensible soit programmé pour exploser si – et seulement si – il reçoit un signal venu du futur (une heure en avant). Signal qui soit par exemple l’arrivée d’un photon à une fréquence particulière... Le système est placé à côté de l’émetteur de photons. Du coup, envoyer un tel photon dans le passé déclencherait le système et détruirait l’émetteur. Or, si l’émetteur est détruit, cela signifie que le photon n’a jamais été envoyé, non ?

Nous sommes à nouveau face à une contradiction. Si construire une machine à explorer le temps capable d’envoyer des êtres humains vers le passé était irréalisable, il pourrait encore être possible d’envoyer des signaux dans le passé... Une des premières spéculations à ce sujet est fondée sur l’existence de particules hypothétiques baptisées tachyons qui pourraient voyager plus vite que la lumière. Si l’on entend souvent dire que rien ne voyage plus vite que la lumière, au sens strict, ce n’est pas tout à fait vrai. La théorie de la relativité mentionne un mur de la lumière infranchissable. Une particule de matière ordinaire ne peut jamais être accélérée à une vitesse supérieure à celle de la lumière. Si vous essayez de le faire, plutôt que d’aller de plus en plus vite, la particule deviendra seulement... de plus en plus lourde. Mais voilà, le mur de la lumière joue dans les deux sens : si quelque chose se déplace à une vitesse supraluminique, ce « quelque chose » ne pourra jamais ralentir à une vitesse inférieure à celle de la lumière ! Un tachyon est justement une telle entité coincée de l’autre côté du mur de la lumière, condamnée à se propager continuellement à une vitesse supraluminique. Si les tachyons existent, et peuvent être manipulés, ils pourraient être utilisés pour envoyer un signal dans le passé. Précision, les y envoyer nécessiterait l’aide d’un complice. Voyons cela avec un exemple. D’abord, vous envoyez un signal à un ami à l’aide d’un rayon de tachyons voyageant à une vitesse dix fois supérieure à celle de la lumière (relativement à vous). Ensuite, votre ami renvoie immédiatement le signal à une vitesse à nouveau dix fois supérieure à celle de la lumière (relativement à lui). Si votre ami vient vers vous à une vitesse proche de celle de la lumière, le signal de retour vous atteindra avant que ne soit envoyé le signal d’origine !

Maintenant, quelles sont les chances que les tachyons existent réellement ? La plupart des physiciens sont extrêmement sceptiques à ce propos. En manque de preuves expérimentales, on peut tout de même dire que s’ils existent, ils ont d’étranges propriétés. Par exemple, ils posséderaient une masse imaginaire (au sens mathématique) difficilement conciliable avec la mécanique quantique. Nous n’avons aucune garantie sur le fait qu’ils interagissent avec la matière ordinaire. Dans le cas contraire, il serait de toute façon impossible de les utiliser pour envoyer des signaux... Et même si les tachyons n’existaient pas, on pourrait toujours utiliser les trous de ver ou d’autres systèmes pour envoyer des particules dans le passé... Imaginons une version « boule de billard » du paradoxe de la mère. Kip Thorne et ses collègues ont étudié les boucles temporelles sur le thème du billard. Dans ce jeu modifié, les poches de la table de billard représentent l’entrée et la sortie du trou de ver à explorer le temps. Imaginez une boule se diriger vers une poche, tomber dedans, et... sortir quelques instants plus tôt d’une autre poche de telle manière que la boule entre en collision avec elle-même ! La collision dévie alors la boule de son trajet initiale, lui évitant de tomber dans la première poche. Ici, le libre-arbitre ne vient pas compliquer les choses, pourtant comme dans le paradoxe « matricide », la séquence décrite est incohérente et donc ne se produira pas. D’ailleurs, le paradoxe peut être résolu. Nous pouvons imaginer une histoire légèrement différente. Ici, la boule démarre en se déplaçant de telle sorte qu’elle manquerait la première poche. Cependant, elle recevrait un coup oblique venu d’une boule sortie d’une seconde poche. La collision sert à dévier la boule de façon à ce qu’à présent, elle pénètre dans la première poche et sorte de la seconde un court instant avant sous l’aspect de la boule qui délivre le coup oblique. Thorne a montré que cette séquence – une boule entrée en collision avec son double antérieur de manière à créer une boucle temporelle auto-cohérente – est parfaitement cohérente avec les lois de la physique. Plus perturbant, il a aussi montré qu’il existe plus d’une séquence cohérente d’évènements. Lorsque des boucles causales sont présentes, les lois de la mécanique newtonienne ne prédisent plus une réalité unique.

COMMENT GAGNER DE L'ARGENT ?

Le voyage dans le passé prend des airs absurdes lorsque le voyageur temporel rencontre son double plus jeune. Il se retrouve en double exemplaire ! À noter : vous ne seriez même pas surpris de cette rencontre avec votre double plus jeune, puisque vous Vous souviendriez déjà de ce tête-à-tête de jeunesse... Mieux, la différence d’âge n’a pas besoin d’être importante. En principe, elle pourrait même être d’un seul jour. Dans cette situation, il existerait deux copies virtuellement identiques de vous même. Insolite, n’est-ce pas ? Et cela pourrait aller encore plus loin. Vous pourriez inviter votre double à peine plus jeune que vous à vous accompagner pour un voyage temporel un jour de Plus en arrière. Ainsi, cette fois, il y aurait trois copies identiques de vous-même ! Rien n’empêche ce processus d’être répété encore et encore. En définitive, réalisant des bonds successifs dans le passé, l’explorateur du temps pourrait accumuler de nombreuses copies de lui-même en un seul lieu.

Un tel scénario laisse entrevoir la possibilité de faire rapidement fortune. Prenez un lingot d’or et confiez-le à votre double plus jeune jusqu’à ce qu’il entame le voyage dans le temps. Vous obtenez alors deux lingots d’or. Sans grand effort, vous aurez doubler votre investissement. De cette manière, il est aussi facile de dupliquer les lingots d’or que les gens ! Du point de vue du physicien, dupliquer des entités est très perturbant car l’idée transgresse toutes les lois dites de conservation. Supposez que le lingot d’or soit remplacé par une particule chargée électriquement. Deux charges électriques seraient issues d’une seule. Voilà qui enfreint la loi de conservation de la charge électrique. Le paradoxe est à nouveau évité grâce aux boucles temporelles auto-cohérentes. Exemple : une particule chargée positivement qui traverse un trou de ver y laissera son champ électrique, donnant au trou de ver une charge positive réelle à l’entrée (vers le futur), une autre négative en sortie (vers le passé). La charge négative annule précisément la charge positive supplémentaire que le voyage a créée dans le passé.

COMMENT S'APPROPRIER UNE CONNAISSANCE "TOMBÉE DU CIEL" ?

Le plus déroutant de tous les paradoxes du voyage temporel est illustré par la parabole suivante... Un professeur construit une machine à explorer le temps en l’an 2011 et décide d’aller vers le futur – pas de problème jusque là – en 2020. Lorsqu’il arrive, il cherche la bibliothèque de l’université et parcourt les revues du moment. Dans la section Mathématiques, il remarque un nouveau théorème splendide. Il le recopie soigneusement et retourne en 2011. Là, il convoque un étudiant brillant et lui expose le théorème. L’étudiant s’en va, arrange le raisonnement, rédige un article et le fait publier dans une revue de mathématiques. Revue qui bien sûr n’est autre que celle dans laquelle le professeur a découvert le théorème en 2020 ! Aucune contradiction ici : l’histoire implique une boucle causale auto-cohérente. À proprement parler, il ne s’agit pas d’un paradoxe, seulement de circonstances troublantes. Le problème concerne plutôt l’origine de l’information. D’où vient exactement le théorème ? Pas du professeur, puisqu’il l’a simplement lu dans un journal, pas non plus de l’étudiant puisque lui l’a obtenu du professeur. Finalement, tout se passe comme si l’information concernant le théorème... « tombait du ciel » !

Le fantasme du mouvement perpétuel fait courir d’excentriques inventeurs depuis très longtemps. Toutes les tentatives ont échoué pour des raisons liées à la première et la seconde loi de la thermodynamique, lesquelles déclarent en résumé que l’on ne peut jamais obtenir plus d’un système fermé que ce que l’on y a injecté. Ainsi, les inventions proposées pour le mouvement perpétuel génèrent toujours des pertes de chaleur provenant des frottements (et d’autres inefficacités). En fin de compte, le mouvement s’arrête. L’entropie – la perte de chaleur – et l’information sont étroitement liées. Techniquement, augmenter l’entropie s’apparente à perdre l’information. Bref, se voir offrir sans aucune contrepartie de l’information est, du point de vue du physicien, équivalent à une circulation spontanée de chaleur d’une source froide vers une source chaude : un vrai « miracle » !

Pour David Deutsch, expert en voyages temporels, l’information entrée « de nulle part » dans l’univers est l’un de ces « miracles » et, par conséquent, porte atteinte à la rationalité des lois ordonnées de la nature. Pour cette raison, il pense que le troisième paradoxe est probablement le plus troublant des trois. Peut-être devrions-nous le placer à côté du mouvement perpétuel et de la censure cosmique sur notre liste de paradoxes, puisque tous impliquent une information sans cause entrant « de nulle part » dans l’univers.

COMMENT FORMER UN AUTRE UNIVERS ?

Au cœur des paradoxes du voyage temporel se trouve le problème de causalité : ce qui s’est produit hier affecte ce qui se produit aujourd’hui. Revenez au jour d’hier, essayez de le modifier et vous prenez alors le risque, en réalisant des boucles causales problématiques, de modifier le jour d’aujourd’hui. Mais peut-être existe-t-il une solution plus complète que de limiter les boucles temporelles possibles à celles qui sont auto-cohérentes ? La causalité n’est pas exactement le lien rigide que la plupart des gens imaginent... Au quotidien, le rapport entre cause et effet est indéniable. Néanmoins, le monde familier (tables,
chaises, êtres humains, etc.) dissimule un micro-univers flou de mécanique quantique dans lequel la relation de cause à effet est assez confuse.

Le billard est un bel exemple de la relation de cause à effet. Frappez la boule avec un certain élan de façon à ce qu’elle entre en collision avec une autre boule à l’arrêt. En l’absence de boucle causale, le mouvement des deux boules, après collision, est totalement déterminé par la vitesse initiale et la direction prise par la première boule. Grâce aux lois du mouvement de Newton, vous pouvez calculer à l’avance ce qui se produira après la collision. En effet, ces lois sont strictement déterministes : l’état initial suffit à déterminer complètement l’état final. Et si l’expérience est répétée dans des conditions identiques, le résultat devrait être exactement le même. Autrement dit, si aujourd’hui la boule frappée tombe dans une poche particulière, elle le fera aussi demain (les conditions étant les mêmes). Par conséquent, le fonctionnement ordonné du macrocosme est assuré. Les choses deviennent très différentes dès lors qu’on essaye de jouer au billard... avec des atomes ou des particules (comme des électrons et des protons). Aujourd’hui, un électron pourrait entrer en collision avec un proton et rebondir à gauche. Demain, dans des conditions identiques, il pourrait rebondir à droite. Les lois du mouvement de Newton ne s’appliquant pas ici, elles doivent être remplacées par des règles de mécanique quantique, qui sont elles indéterministes. En clair, l’état d’un système physique à un instant donné ne suffira généralement pas à déterminer ce qui arrivera l’instant suivant. L’incertitude dans le micro-univers est résumée par le principe d’incertitude d’Heisenberg. Bref, la prévision est une activité à magner avec des pincettes dans la théorie atomique !

Généralement, le mieux que l’on puisse faire est d’établir des probabilités, c’est-à-dire de parier sur tel ou tel résultat. Un électron entré en collision avec un proton pourrait rebondir d’un angle parmi toute une série d’angles possibles, et plus probablement sur certains que d’autres... Finalement, la mécanique quantique donne un rapport précis de probabilités, mais n’annoncera généralement pas ce qui se produira dans un cas donné. Les physiciens sont convaincus que l’incertitude quantique est intrinsèque à la nature, qu’elle n’est pas seulement le résultat de l’ignorance humaine des processus impliqués. En d’autres termes, l’électron lui-même ne sait pas avant la collision vers quelle direction il va rebondir. Et bien qu’il reste vrai de dire qu’une collision avec un proton entraîne une déviation de la trajectoire de l’électron, le lien causal est plutôt flou car la trajectoire finale réelle de l’électron est indéterminée. Les simples collisions ne sont pas les seules à être incertaines en physique atomique. Toutes les réactions le sont ! Par exemple, un noyau de l’élément radioactif uranium pourrait (ou non) se désintégrer l’an prochain. Un atome frappant une barrière pourrait rebondir ou bien apparaître de l’autre côté (ayant mystérieusement creusé un tunnel à travers la barrière). Tout cela parce que le lieu où il se trouve précisément à n’importe quel instant demeure incertain.

Dans le monde des atomes et des particules subatomiques, l’incertitude quantique est une évidence. Pour des systèmes plus grands, la confusion est moins prononcée. Lorsqu’on passe à l’échelle de grosses molécules, les effets quantiques sont rarement très importants même si l’incertitude quantique ne disparaît jamais complètement... D’ailleurs, en principe, celle-ci s’applique même aux boules de billard ! Si les évènements dans le micro-univers quantique ne sont
pas complètement fixés par la cause et l’effet, les paradoxes de la boucle causale associée au voyage temporel se présentent sous un nouveau jour. Il est possible de concevoir l’incertitude quantique en termes de mondes possibles. Un électron frappe un proton et peut rebondir soit à gauche, soit à droite. Deux mondes sont alors possibles : l’un avec un électron partant vers la gauche, l’autre avec un électron partant vers la droite. Plus généralement, une réaction atomique ou subatomique aura plusieurs résultats possibles (peut-être même un nombre infini) donc de nombreux univers alternatifs sont disponibles presque à chaque fois qu’il arrive quelque chose à une particule subatomique.

La question d’incertitude quantique se pose lorsque nous nous demandons : lequel des univers possibles correspond à l’univers réel ? Évidemment, nous ne pouvons le savoir à l’avance – c’est bien cela l’incertitude quantique ! – mais la plupart des gens supposent qu’il ne peut y avoir qu’un seul monde réel, tous les autres représentant des mondes potentiels non réalisés... Si tel est le cas, se pose ensuite un problème profond concernant la connexion « en douceur » entre le monde quantique de multiples réalités potentielles et le monde classique (notre quotidien) d’une réalité unique. Personne ne parvient à s’entendre sur la manière de réaliser cette connexion. De plus en plus de physiciens croient que la meilleure façon de l’approcher est de supposer que chacun de ces univers alternatifs est tout aussi réel que les autres. En d’autres termes, il n’est nul besoin de faire une transition de plusieurs mondes possibles vers un monde réel, car tous les mondes quantiques possibles existent vraiment ! Dans cette interprétation « à univers multiples » de la mécanique quantique se trouve une infinité d’univers parallèles, chaque alternative quantique possible étant représentée dans un univers, quelque part... Il existera un univers dans lequel des atomes de votre corps seront situés à des places légèrement différentes, un autre dans lequel le président Kennedy n’aura pas été assassiné, d’autres encore qui ne compteront pas de planète Terre, etc. Chaque univers possible sera là quelque part, « là » ne signifiant pas en dehors de l’espace, mais en un certain sens « au côté de » notre espace-temps (donc il s’agira d’univers « parallèles »). Des millions et des millions de ces autres univers comporteront des copies de vous-même, chacune ayant le sentiment d’être unique et de vivre dans la seule vraie réalité...

Élucider les paradoxes du voyage dans le temps en invoquant des réalités parallèles a longtemps été un système employé par les auteurs de science-fiction. L’idée de base ? Le voyageur temporel interférant sur l’histoire, l’univers bifurque en deux branches (ou plus). David Deutsch fait partie des scientifiques qui proposent cette issue de secours. Il a montré que l’interprétation à univers multiples de la mécanique quantique résout les paradoxes du voyage dans le temps. Prenons le paradoxe matricide. Supposons que le voyageur temporel retourne dans le passé et commette le meurtre. Cette fois pas d’erreur ; la mère est bien morte. Mais quelle mère ? Souvenez-vous : il existe toute une collection de mères parmi le nombre prodigieux de réalités parallèles... Dans le « multivers » de mondes parallèles quantiques, vous pourriez modifier le passé d’un monde parallèle en laissant votre propre monde intact ! En effet, l’acte commis – le meurtre – divise la réalité en deux voies, l’une avec la mère décédée, l’autre avec la mère en vie. Mais les possibilités coexistent côte à côte dans l’immensité du multivers quantique.

N’importe quelle « branche » du multivers (chacune étant une réalité spécifique) est parfaitement auto-cohérente, mais des interactions causales entre les branches n’ont pas besoin de respecter un ordre chronologique défini. Dans l’hypothèse de Deutsch, vous pouvez avoir le beurre et l’argent du beurre : le voyage dans le temps et un libre-arbitre sans entrave sont apparemment permis tous les deux ! L’intérêt d’invoquer le multivers quantique pour résoudre les paradoxes du voyage dans le temps divise les scientifiques. Pour certains, les réalités parallèles sont encore plus absurdes que les boucles temporelles (ils ne sont convaincus par aucune des deux théories). Mais que l’on accepte ou non l’interprétation à univers multiples de la mécanique quantique, la nature obéit à la mécanique quantique ! Et n’importe quelle analyse finale d’une situation physique doit être poursuivie à un niveau quantique. Les boucles causales survenant lors d’un voyage temporel semblent amplifier le phénomène quantique (normalement confiné au domaine atomique) au niveau de la vie quotidienne. Donc, nous ne pouvons pas éviter d’ajouter l’étrangeté de la réalité quantique à la bizarrerie du voyage dans le temps...

PROTECTION DE LA CHRONOLOGIE

Le voyage dans le temps peut paraître amusant pour les fans de science-fiction. Par contre, pour les physiciens, l’idée est absolument effrayante... Pour quelles raisons ? La pléthore de paradoxes que déclencherait un voyage dans le passé ! De plus, la possibilité que les boucles causales puissent être imminentes semble si pathologique du point de vue des physiciens qu’elle produirait de profonds effets physiques. Si profonds en fait qu’ils pourraient empêcher toute tentative de créer une machine à explorer le temps... Parmi les théoriciens qui ont exprimé de sérieux doutes quant au fonctionnement de trous de ver ou autres machines à explorer le temps se trouve Stephen Hawking. C’est lui qui a proposé la « conjecture de protection chronologique », laquelle, plus simplement, raconte que la nature se présente toujours avec un obstacle destiné à empêcher tout voyage dans le passé (« rendant l’histoire sûre pour les historiens » comme il l’expliquait).

Qu’est-ce qui n’irait pas alors si une supercivilisation tentait de fabriquer une machine à explorer le temps sous la forme d’un trou de ver ? L’antigravité, par exemple, phénomène trop instable à maîtriser dans des scénarios réalistes... Démontrer que l’énergie négative est physiquement possible dans certaines circonstances inhabituelles est une chose. Mais c’en est une autre d’espérer la voir surgir à l’intérieur d’un trou de ver ou de tout autre système permettant d’explorer le temps avec la puissance nécessaire pour accomplir un tel voyage. Difficile de se prononcer sur le sujet : des études mathématiques suggèrent que l’antigravité dans les champs quantiques apparaît dans une gamme de circonstances assez large. Et pour le moment, il n’y a pas de théorème général indiquant précisément quelles sont les limites...

Même si l’antigravité (ou la matière exotique nécessaire) pouvait être déployée de manière appropriée, d’autres problèmes se manifesteraient. La matière exotique se répandant dans la gorge du trou de ver pourrait interagir avec de la matière normale tentant de traverser le trou de ver, et gêner son développement ou le détruire. Une autre difficulté concerne le comportement du vide quantique au voisinage d’un trou de ver (ou d’autres types de machines à explorer le temps) : la jonction entre la région de l’espace-temps autorisant les boucles causales d’une part, et d’autre part, celle de l’espace-temps « normal », là où passé et futur ne sont pas enchevêtrés. L’interface entre les deux est appelée horizon chronologique. Le franchir entraîne l’entrée à l’intérieur d’une région de l’espace-temps où les particules peuvent tourner et tourner indéfiniment dans des boucles causales. Ces particules en question comprennent les photons virtuels de l’état de vide quantique. Plus simplement, chaque fois qu’un photon virtuel effectue un circuit dans le temps, il double l’énergie empruntée. Des calculs montrent qu’à l’approche de l’horizon, les photons virtuels circulent autour de boucles causales presque fermées. Or, plus ils s’approchent de l’horizon, plus la fermeture des boucles risque de se produire. Étant donné les incertitudes inhérentes au comportement de particules quantiques comme les photons, l’horizon n’agit pas comme une frontière nette. La simple menace de fermeture causale imminente est suffisante pour relancer les photons virtuels sans limite, lesquels entassent de plus en plus d’énergie à l’approche de l’horizon ! Cette escalade galopante de l’énergie générerait probablement un immense champ gravitationnel qui déformerait l’espace-temps et détruirait la machine à voyager dans le temps...
Je dis « probablement » car nous n’avons pas encore de théorie de la gravitation quantique suffisamment satisfaisante pour vérifier ce qu’il se produirait en effet en de pareilles circonstances. Du coup, l’argument-catastrophe du vide quantique est suggestif, maisjusqu’ici, pas fatal. Pour l’instant, la conjecture de protection chronologique reste dans l’incertitude : espoir pour certains, pas très « sexy » pour d’autres !

INVERSER LE TEMPS

Le voyage dans le temps ne doit pas être confondu avec un sujet tout aussi fascinant (et spéculatif) : l’inversion du temps. Depuis l’époque de Platon au moins, philosophes et scientifiques ont songé à cette idée du temps « s’écoulant en arrière ». En réalité, l’expression est impropre. Le temps ne s’écoule nulle part. Aussi est-il plus précis de parler de systèmes physiques qui remonteraient le temps, comme un film que l’on fait revenir en arrière. Cela pourrait-il se produire ? L’eau pourrait-elle s’écouler en amont, et les morceaux d’un œuf cassé, se reconstituer en une coquille entière ? Voyons cela ! Imaginez une boîte rigide contenant une douzaine de molécules de gaz qui se déplacent de manière chaotique et entrent en collision avec les autres, et les parois de la boîte. Supposez qu’à un certain moment, toutes les molécules soient réunies dans un même coin de la boîte. Cet arrangement ne tiendrait pas longtemps car les molécules en mouvement rebondiraient, puis se disperseraient dans l’espace disponible. La transition de « réunies » à « dispersées » fournit une frise du temps permettant de distinguer le passé du futur. À notre échelle, l’existence de telles transitions dans le monde donne l’impression que le temps a une direction définie. L’inversion du temps occasionnerait alors des évènements comme la ruée des molécules de gaz dans le coin d’une boîte. Une telle chose est-elle crédible ? Certainement. On s’attendrait à ce qu’après une durée suffisamment longue, une douzaine de molécules en mouvement au hasard finissent par se retrouver ensembles dans un angle de la boîte simplement par chance... En fait, il peut être prouvé mathématiquement que de telles répétitions doivent arrivées à maintes reprises.

Maintenant, qu’une poignée de molécules « reviennent en arrière » est une chose, que l’univers entier fasse de même en est une autre ! De plus, l’attente nécessaire pour que les choses reviennent à leur arrangement initial augmente rapidement avec chaque particule supplémentaire impliquée. Une chambre classique contient plus 1024 molécules d’air. Il leur faudrait bien plus de temps que celui écoulé depuis la création de l’univers pour se réunir dans un seul coin ! Point positif : nous ne sommes pas prêt d’être asphyxiés dans une pièce pour cette raison. Mais au juste, qu’est-ce que tout cela signifie ? Qu’en principe, le monde pourrait retourner à l’état dans lequel il était (en 1900 par exemple), mais qu’il est extrêmement improbable que cela se produise en l’espace d’une vie humaine... à moins qu’il n’y ait une conspiration cosmique programmée parmi les innombrables particules ?

Selon certains physiciens, une telle conspiration pourrait être programmée dans les conditions initiales de l’univers, laquelle contraindrait finalement le cosmos entier à revisiter sa condition de départ dans le Big Bang. Dans ce cas, nous ne le saurions probablement pas. Si cette étrange inversion se produisait, elle différerait de manière fondamentale du voyage dans le temps tel que je le présente ici. Renverser le temps implique de re-créer le passé, pas de le revisiter. Si l’univers devait faire machine arrière, alors l’activité du cerveau humain également. Nous ne verrions pas le grand film cosmique défiler à l’envers, les étoiles aspirant la lumière, les trous noirs vomissant des gaz... tout simplement, parce que nos esprits et nos sens seraient eux aussi dans un mécanisme d’inversion ! Par conséquent, vivre dans un univers dans lequel le temps « s’écoule en arrière » ne nous choquerait pas plus que de vivre dans celui que nous observons maintenant.

POURQUOI ÉTUDIER LE VOYAGE DANS LE TEMPS ?

Le sujet, se présentant à maintes reprises à la fois dans les romans classiques et de science-fiction, a fourni un terreau fertile d’idées aux écrivains du siècle dernier. Il a aussi provoqué un long débat (plutôt confus) parmi les philosophes à propos de la nature du temps et des contradictions logiques qui semblent apparaître dès que le voyage dans le passé est évoqué. Le plus souvent pourtant, les chercheurs, eux, ont évité le sujet. Aujourd’hui, la recherche sur le voyage dans le temps est passée à quelque chose de l’ordre de l’industrie artisanale dans la communauté de la physique théorique. Certains trouvent cela surprenant. Nous avons vu comment le sujet semblait encore fantaisiste, lui qui fait appel à des idées extrêmement spéculatives de trous de ver, d’ingénierie cosmique et de formes de matière exotique. Par conséquent, comment les scientifiques peuvent-ils justifier passer un temps précieux et dépenser des fonds de recherche sur un sujet aussi frivole ?

Bien sûr, il ne faut pas nier son côté amusant, ni que certains scientifiques le traitent comme un jeu intellectuel. Mais il a aussi un côté sérieux. N’oubliez pas que l’expérience de pensée fait partie intégrante du processus scientifique ! L’invention par le scientifique de tels scénarios (lesquels, sur l’instant, peuvent sembler farfelus) a pour but de tester les théories en cours au-delà de leurs limites. Pourquoi travailler ainsi ? Pour soulever les défauts de logique ou les incohérences de la théorie... Ainsi, la réflexion a permis à Galilée de déduire la loi de chute des corps (tout cela par pur raisonnement) ! Elle a aussi mené Einstein à prédire correctement l’effet de dilatation du temps. Dans les années 1930, les expériences de réflexion comme celles associées au célèbre paradoxe du chat de Schrödinger ont joué un rôle important dans l’éclaircissement de la signification de la mécanique quantique. De manière significative, les progrès technologiques permettent désormais à de nombreuses expériences de pensée d’être réalisées comme des expériences réelles.
Le simple fait que le voyage dans le temps semble improbable, voire impossible pour nous aujourd’hui, ne signifie pas que nous pouvons nous permettre d’ignorer ses implications. Il se pourrait que des voies de construction de machines à explorer le temps plus faciles soient découvertes un jour, des voies qui ne nécessiteraient pas les ressources d’une supercivilisation... Pour le moment, la seule possibilité de visiter le passé ou d’y envoyer des signaux représente un sérieux challenge pour notre compréhension de la physique (sans même nous soucier de savoir si oui ou non le voyage dans le temps deviendra un jour réalité) ! Les chercheurs s’accordent à dire que la moindre tentative de conception d’une telle machine générerait certainement des effets de vide quantique dramatiques, conséquences qui ne peuvent être complètement explorées sans une théorie de la gravitation quantique fiable. Puisque établir une telle théorie est l’une des priorités actuelles pour les physiciens théoriciens, l’étude des boucles temporelles et l’éclairage qu’elle offre sur la structure causale profonde de l’univers tombe – pour ainsi dire – à point nommé !

Une part de la fascination qui entoure l’exploration du temps concerne les paradoxes liés au voyage dans le passé. Le but de la science étant de fournir une image cohérente de la réalité, si une théorie scientifique produit des prédictions véritablement paradoxales (plutôt que seulement étranges ou allant contre l’intuition), celles-ci sont d’excellentes raisons pour la rejeter... Comme nous l’avons vu, le voyage temporel est « bourré » de paradoxes. Comment les traiter ? À ce sujet, les opinions divergent sensiblement. Peut-être que les boucles causales peuvent être conçues de manière auto-cohérente ? La réalité se compose peut-être d’univers multiples ? Ou peut-être encore nous faut-il revoir de près notre description de la nature ? D’un autre côté, il se peut aussi qu’il n’y ait aucune possibilité d’échapper à la nature paradoxale du voyage dans le temps et que nous soyons obligés d’invoquer la conjecture de protection chronologique d’Hawking et de renoncer à toutes les théories qui permettent le
voyage dans le passé...

Les tentatives de description quantique de la gravitation les plus récentes sont formulées dans le contexte plus large d’une théorie physique complètement unifiée. Dans celle-ci, toutes les particules et les forces de la nature, dans l’espace et le temps, sont amalgamées dans un plan mathématique commun. Théorie à la mode parmi ces « théories du tout » ? Celle des supercordes, dont la présentation la plus complète est connue sous le nom énigmatique de « théorie-M ». Il est fascinant de supposer que la protection de la chronologie puisse être un principe global de la nature au même titre que la seconde loi de thermodynamique par exemple. Nous pourrions d’ailleurs dresser une liste de tabous cosmiques :

Pas de machines à remonter le temps !
Pas de machines à mouvement perpétuel !
Pas de singularités nues !
Etc.

Et l’utiliser comme un filtre à théories physiques. Toutes les théories qui ne respecteraient pas les tabous de la liste seraient alors rejetées... Voilà qui serait une excellente façon d’éliminer les thèses concurrentes ! Si la liste était assez longue, il pourrait même arriver que seule une « théorie du tout » passe au travers du filtre. Nous pourrions enfin répondre à la question scientifique suprême : « Pourquoi cet univers-là plutôt qu’un autre ? »


Le voyage astral


INTRODUCTION

D'après les plus récentes statistiques, les individus qui sont « sortis hors de leur corps » au moins une fois dans leur vie représentent un pourcentage de la population que l'on ne peut se permettre d'ignorer. Certains sondages affirment qu'il en existe 25 %, d'autres 15 % seulement. Même ne serait-il que 5 % que cela se chiffrerait à plusieurs millions de gens à travers le monde, car ce phénomène est planétaire. Dédoublement, bilocation, projection hors du corps, voyage astral, depuis toujours, toutes les traditions nous parlent de gens qui quittaient leur corps pour aller ailleurs. Les saints et les mystiques quittent leur corps et ont souvent été vus très loin de leurs cellules. Au cours de leurs expériences proches de la mort, les agonisants passent par une sortie hors de leur corps physique.

RÊVE OU REALITE ? L'HISTOIRE DE CHARLES LINDBERGH

Charles Lindbergh, aviateur et écrivain, raconta un voyage qu'il fit hors de son corps :

« C’est en 1927 que Charles Lindbergh effectuait la première traversée de l’Atlantique en avion. Dans le récit de son aventure qui a pour titre le nom de l’appareil à bord duquel il a réussi son exploit – The Spirit of St.-Louis –, il décrit l’expérience de sa traversée qui a duré 34 heures.
 
Il rapporte d’abord qu’il n’a pas dormi durant les 24 heures précédant le décollage. Ce détail est important. On sait que l’épuisement de la résistance physique peut favoriser et parfois même provoquer une expérience de l’astral. Peu après le décollage, Lindbergh observe une étrange dissociation entre son corps et son esprit, qu’il avait jusque-là considérés comme inséparables. Vaincu par la fatigue, il commence à s’assoupir. Il s’efforce de résister, mais déjà le sommeil l’envahit, ce qui signifie pour lui une mort certaine. Cependant, en même temps qu’il s’endort, il se rend compte qu’une partie de lui-même reste alerte. Tout se passe, en effet, comme si son corps était endormi mais que son esprit veillait. La traversée se poursuit…


Après un moment, vers le milieu de la traversée, le pilote réalise que son esprit commence lui aussi à s’assoupir. Avec l’énergie du désespoir, il s’efforce de le maintenir éveillé. Mais rien à faire. Cet esprit à part semble l’abandonner. Lindbergh est sur le point de s’endormir tout à fait. Mais au moment où il va perdre conscience, le voilà tout à coup parfaitement lucide, ne ressentant plus aucune fatigue, et cette fois, complètement en dehors de son corps. Et c’est cette conscience qui maintenant dirige le vol.


Il découvre autour de lui des présences de forme humaine, transparentes et légères, qui l’accompagnent dans son périple. C’est comme si elles lui étaient déjà familières dans une autre dimension. Il peut les voir toutes, même celles qui sont derrière lui et sans se retourner, car son esprit est devenu " comme un grand œil qui voit partout à la fois ", c’est-à-dire là où il dirige son attention. Ces présences apparaissent et disparaissent, traversant la matière avec aisance. Le pilote entend aussi des voix, qui lui semblent également familières. Ces voix l’encouragent, le conseillent et lui communiquent même certaines informations auxquelles il ne pourrait avoir accès en temps normal.


Lindbergh s’interroge. Quel lien y a-t-il entre ces présences et lui-même? Il lui semble qu’il participe à un rassemblement amical après des années de séparation : " C’est comme si j’avais connu ces êtres dans quelque ancienne incarnation. " Lorsque le vol exige une manœuvre, le pilote reprend contact avec la réalité, pour aussitôt après se retrouver dans l’autre dimension. Il a l’impression de se situer quelque part dans une zone intermédiaire, entre la vie matérielle et l’au-delà, ou encore " dans un champ magnétique entre deux planètes, et propulsé par des forces que je ne peux contrôler, incomparablement plus puissantes que tout ce que j’ai connu ".


Il se demande s’il n’est pas mort, ou sur le point de l’être. La mort a cessé de lui paraître redoutable : elle a cessé d’être pour lui un terme final. » (D'après : CROOKALL Robert. Case-Book of Astral Projections.)



DES ETATS DE CONSCIENCE MODIFIES



Certains chercheurs, habitués à pratiquer ces sorties hors du corps, sont convaincus que notre conscience quitte chaque nuit notre corps physique afin de recharger nos centres d'énergie. Nous flotterions ainsi au-dessus de nos corps physiques, en contact avec l'énergie cosmique, appelée prana dans les traditions orientales. Cela confirmerait l'idée avancée par certains de ces voyageurs de l'astral qui affirment revenir de leur « voyage » rechargés d'énergie, en meilleure forme qu'au départ. Certains voyageurs astraux se savent assistés par des « guides » lors de leur sortie hors du corps. Parfois, pas toujours, ces guident prennent une apparence humaine. Il pourrait s'agir du « Soi supérieur » car, à partir du moment où un homme parvient à élever sa conscience à un niveau de vibrations supérieur, au-delà de la barrière du monde matériel, il devrait pouvoir percevoir les vibrations de cette partie de lui-même qui lui apparaitrait alors comme un étranger. Certains « voyageurs » ne rencontrent jamais de guide, peut-être parce qu'ils ne pénètrent pas vraiment dans l' « astral » mais restent dans notre dimension terrestre. Certains chercheurs ont constatés qu'en observant une encéphalographie d'un sujet en train de sortir de son corps, on pouvait remarquer l'apparition d'ondes thêta. Ces ondes se manifestent également lors des modifications de consciences telle que la méditation ou certaines formes de yoga. Henri Corbin définit cet état de modification de conscience comme un monde médian où les esprits se « corporalisent » et où les corps se « spriritualisent ».



DEDOUBLEMENT ET BILOCATION



Ces expériences de sortie hors du corps sont rapportées en grand nombre. Une personne sur dix déclare avoir quitté son corps une ou plusieurs fois au cours de son existence, d'après une enquête de Susan Blackmore. De très nombreuses personnalités ont fait état d'une sortie hors de leur corps, advenue lors d'une maladie, d'un accident, ou parfois sans raison apparente. Ces expériences de sorties hors du corps, que l'on peut assimiler au dédoublement, sont fréquentes et peuvent être dirigées ou enseignées, ce qui n'est pas le cas de la bilocation. Il est cependant très facile de trouver sur le net des récits de ces phénomènes connus de bilocation. Mais il ne faut toutefois pas confondre le dédoublement et la bilocation, même si tous deux se réfèrent à une « sortie hors du corps ». La plupart du temps, le dédoublement est racontée par ceux qui l'expérimentent alors que la bilocation est rapportée par des témoins. Dans le dédoublement, la personne n'est ni vue, ni entendue, ni touchée par les témoins. Alors que celui qui possède le don de bilocation est non seulement vu, mais aussi, parfois, entendu et touché par le témoin. Dans des cas plus exceptionnels, il laisse des traces de son passage.



UNE EXPLICATION SCIENTIFIQUE ?



Une explication scientifique viendrait du rayonnement énergétique émis par tout corps vivant et qui pourrait se déplacer loin de sa source. Une autre hypothèse suggère que ces sensations sont liées à un dysfonctionnement électrique de la jonction temporo-pariétale. Les chercheurs pensent que la déconnection des circuits neuronaux oculaires et du toucher peut être responsable des voyages astraux. Les experiences ont montré l'importances des mouvements oculaires. « Nous estimons que notre corps est localisé là ou les yeux sont ! » Voici leur expérience :



« Deux chercheurs suédois et suisse publient simultanément dans la revue Science les résultats d'expériences de réalité virtuelle, entre neurobiologie et jeux vidéo, qui devraient avoir un grand retentissement. Henrik Ehrsson de l'Institut Karolinska à Stockholm et Olaf Blanke de l'École polytechnique fédérale de Lausanne sont parvenus à reproduire en chambre, les expériences anecdotiques de « sortie du corps » que des patients en arrêt cardiaque, ou des opérés, disent depuis longtemps avoir vécu. Les deux chercheurs ont expliqué leurs expériences lors d'une conférence de presse à l'University College de Londres.

Depuis la fin du XIX
e
 siècle, les philosophes se demandent ce qu'est notre conscience de soi. Comment savons-nous que nous sommes à l'intérieur de notre propre corps ? Bien sûr le toucher, la vision, les mouvements jouent un rôle dans l'élaboration de cette fonction si importante. Mais dans certaines maladies du cerveau, des patients ont décrit aux neurologues des hallucinations de sortie, de vision d'un corps flottant, ou de négligence soudaine de certains membres, qui sont même parfois perçus comme étrangers à soi. Voir son propre corps depuis un lieu extérieur ne serait donc pas aussi farfelu ou hallucinatoire que l'ont cru jusqu'ici les spécialistes. En tout cas le cerveau serait capable de créer cette illusion.



Le Dr Ehrsson a installé dans une pièce fermée, un des douze sujets volontaires filmés à distance par deux caméras vidéo placées deux mètres derrière la chaise où il est assis. Un dispositif visuel du même type que ceux utilisés pour les jeux vidéo permet au sujet de voir les images en 3 dimensions et en haute définition envoyées par les caméras.



Illusion parfaite



L'utilisation de deux caméras permet une projection en stéréo qui reproduit l'impression de relief. Ainsi le sujet se voit de dos, comme le verrait un observateur à distance. L'expérimentateur placé à côté du sujet, touche simultanément avec une baguette de plastique, la poitrine du sujet et dirige l'autre vers la caméra. Voyant la baguette se diriger vers son corps virtuel et sentant l'extrémité de la baguette le toucher, le sujet a alors la sensation, la certitude que c'est bien son corps devant lui ! L'illusion est parfaite, elle est basée sur le déséquilibre entre les informations visuelle et tactile ressenti par le cerveau.

Le Pr Olaf Blanke a élaboré un système presque identique. Là encore le sujet volontaire se voit de dos, filmé 2 m en arrière par un système de caméras dont les images sont envoyées dans un masque 3D adapté sur les yeux du sujet. L'expérimentateur gratte le dos du participant, qui « 
voit » en avant de lui son double virtuel dont le dos est gratté. Immédiatement après, les yeux bandés, le sujet est déplacé en arrière. On lui demande de retrouver la position initiale : il désigne toujours alors une position plus en avant, à mi-chemin entre sa position réelle et celle du sujet virtuel vu dans les lunettes 3D. Une seconde expérience avec des mannequins ou des objets virtuels présentés dans les lunettes vidéo ne donne pas ce type d'illusion au sujet volontaire. Il faut que le vrai corps humain soit en jeu pour que cette « sortie » soit possible.

« 
C'est bien que nous interférions, que nous créions un conflit multisensoriel qui trompe certaines aires temporales du cortex cérébral », estime le Pr Blanke. Et les NDE (near death experiences, ou expériences de mort imminente en français) vécues par des sujets en arrêt cardiaque ? Le cerveau créerait, trompé par des stimuli sensoriels contradictoires, un « corps rêvé, halluciné ».
« Ils ne vous le diront pas tous, mais des astronautes lors de séjours en microgravité ont vécu de telles expériences de sortie du corps », révèle le Pr Blanke. « Les maladies ou les dysfonctionnements du cerveau où l'interprétation des signaux venus du corps est erronée peuvent expliquer certains cas cliniques de sensation de sortie du corps, » confirme le Dr Ehrsson.

La Nasa a actuellement un projet de pilotage sur la terre, grâce à un dispositif visuel de ce type, d'un robot qui serait installé sur la Lune et commandé à distance. Les régions du cerveau impliquées doivent être les mêmes que celles de la conscience du corps, estimaient hier les deux chercheurs. De même les expériences de téléchirurgie à distance utilisant un bras robotisé piloté dans un bloc opératoire à des centaines de kilomètres par un chirurgien devant un écran, feront appel à l'avenir aux données de ces expériences. Et les patients neurologiques ayant des hallucinations de sortie du corps pourront aussi bénéficier de ce type d'étude de réalité virtuelle. Le travail ne fait que commencer... »



CONCLUSION



Le scepticisme est de rigueur quant à ces explications « pseudo-scienctifiques » sur les voyages astraux. Elles n'apportent pas une explication tangible sur le fonctionnement réel du voyage astral. Tous ce qui fonctionne dans notre cerveau est, d'une manière ou d'une autre, forcément régis par l'activité électrique et chimique qui y règne. L'étude fondamentale de la matière n'en ai pas à sa fin et la recherche continue sur les constituants ultimes. Les interactions esprit-matière sont encore trop mal connues pour avancer des explications uniquement tenues par ce que l'on sait actuellement. Des découvertes sont encore à venir, tant de la domaine spirituel que dans le domaine physique de la matière.


Version PDF de cet article : 


Mentaliste


Le 6 janvier 2010, la France découvre Mentalist, une série américaine à grand succès. Le phénomène Patrick Jane est né. Faux médium mais vrai mentaliste, il met ses dons extrasensoriels au service d’enquêtes criminelles. Facile effet pour scénariste en mal d’imagination ? Bien sûr que non, démontre Pascal de Clermont, Français, mentaliste inné et chercheur, reconnu par ses pairs comme l’un des plus doués des quelque cent véritables mentalistes disséminés à travers le monde.

Dès son plus jeune âge, ses dons singuliers le révèlent comme un « sujet psi ». Aujourd’hui, il met en oeuvre quotidiennement la prémonition, la clairvoyance, la postcognition (plongée dans le passé), la télépathie et bien d’autres pouvoirs mentaux. Il assiste les hommes d’affaires dans les négociations délicates, participe aux programmes internationaux de recherches scientifiques sur les facultés extrasensorielles et offre des spectacles-démonstrations, dont il nous dévoile ici les arcanes. Mieux : convaincu que ces pouvoirs sont latents en chacun de nous, il les fait apparaître et se développer dans ses cycles de formation. Bien au-delà de son travail de coaching, il poursuit ses expériences, avec des résultats formidables, sur la mémoire prodige, l’apprentissage des langues, le retard du vieillissement ou encore l’hypnose. Un vrai guide de vie et de réalisation personnelle.

Coach, formateur et artiste, Pascal de Clermont est reconnu mondialement comme l’un des meilleurs mentalistes. Spécialiste de la gestion du mental humain, il développe en ce moment le premier cycle au monde de formation de mental coachs certifiés. 




250 pages - Pascal de Clermont (2010)


TABLE DES MATIERES

  • Avertissement (11)
  • Préface (13)
  • Prologue (15)


  • Chapitre I  
Innocences précoces (35)


  • Chapitre II  
Scènes de Magik Hall (57)
EXERCICE DE MENTALISME − Retrouvez une respiration naturelle (74)


  • Chapitre III  
Le mentaliste et l’amour (77)
EXERCICE DE MENTALISME − Sexualité : laissez-vous « tentrer» (92)


  • Chapitre IV  
Pourquoi je ne gagne pas au loto (99)
EXERCICE DE MENTALISME − Je peux mémoriser tant de choses (114)


  • Chapitre V  
Mes cycles de formation et leurs visiteurs invisibles (121)
EXERCICE DE MENTALISME − Je suis ce que je mange (138)


  • Chapitre VI  
Je forme donc je suis (151)
EXERCICE DE MENTALISME − Mes recherches hors norme (170)


  • Chapitre VII  
Ne dormez pas, je ne le veux pas (177)


  • Chapitre VIII  
Le meilleur combat (191)


  • Chapitre IX  
  • Réunions discrètes au sommet (205)


  • En guise d’au revoir (219)
  • Annexes (231)
  • Remerciements (241)




PORTRAIT DE L'AUTEUR


Consultant, mental-coach international, formateur, conférencier, et animateur TV, Pascal de Clermont est actuellement reconnu par ses pairs et la presse internationale comme l'un des meilleurs mental coachs du monde. Spécialiste de la gestion du mental humain, ses nombreuses compétences s'appliquent au coaching, au développement personnel, au recrutement, au management, à la préparation mentale, à la psychologie de la vente et de la négociation...
 
Généralement décrit comme un homme fascinant, doté de capacités incroyables, il a reçu au travers du globe de nombreux prix. Fondateur, il y a vingt ans d'une école avant-gardiste de développement personnel : Le Mental Training System ©® (programme modulaire d'acquisition/optimalisation des capacités et des ressources humaines), il forme et accompagne régulièrement des professionnels de tous horizons : chefs d'entreprises, thérapeutes, formateurs, sportifs, cadres, managers, hommes politiques, mannequins, artistes et acteurs... Il est le mental-trainer officiel de sociétés internationales prestigieuses et l'un des principaux formateurs à l'Institut Français de Mental Coaching Avancé (IFMCA). Il vient de créér (2010) la première formation certifiante au monde de mental coaching et mentalisme (de vie et de consultation).

En dehors de ses activités de formation, Pascal de Clermont intervient sur site en tant que consultant dans des sociétés, des productions TV, et dans le privé. Il supervise ainsi tout un programme de recrutement, techniques de vente, négociation, conditionnement, et optimisation des potentiels humains. Permettant ainsi, à tout un chacun, d'utiliser au mieux ses ressources physiques et mentales par le mental coaching. Il accompagne de plus dans leurs projets personnels et professionnels, divers artistes, acteurs, mannequins, dirigeants, et hommes politiques.

Maître de KI, instructeur et haut gradé dans plus de 7 arts martiaux traditionnels et sports de combats, il sait allier un travail psychologique rationnel, scientifique et efficace à des techniques de concentration, maîtrise de soi de très haut niveau. Il est de plus, membre de diverses associations mondiales regroupant dans chaque pays les personnes possédant les plus hauts Quotients Intellectuels.

Après "Mentaliste" aux Editions du Moment (2010), Pascal de Clermont est en train d'achever "Mental coaching et mentalisme, réveillez ces pouvoirs qui sommeillent en vous" ou comment mieux exploiter les 90% inutilisés de votre cerveau. Ouvrage de référence sur le mental coaching, le mentalisme, le conditionnement subliminal et l'utilisation de nos capacités latentes, ce livre est le manuel officiel des formations certifiantes en mentalisme. Sillonnant régulièrement le globe (Europe, Japon, Afrique, USA, Russie...), après de nombreux passages télévisés et expériences avec les médias, P. de Clermont est considéré internationalement comme l'un des leaders du mentalisme et coaching moderne.



LIEN AMAZONE


Meilleur prix neuf au 15/10/2011 : 13,00€




LIENS

http://www.mentaliste-lelivre.com/
http://www.pascaldeclermont.com/
http://www.mon-coach.com/
http://www.mentaliste.com/
http://www.coach-mental.com/
http://mentalisme.blogspot.com/
 




EXTRAITS DU LIVRE


PRÉFACE

Longtemps, je me suis demandé si mon cher ami français Pascal de Clermont raconterait un jour sa vie ! Il vient de le faire, et c’est une grande joie, parce que je le connais maintenant depuis de longues années et apprécie autant le professionnel que l’homme de cœur !

L’arrivée de son livre ne m’a pas surpris. Je l’y avais encouragé à plusieurs reprises lors de nos nombreux échanges amicaux depuis vingt ans. Mais sa vie, justement, était tout entière consacrée à ce sacré mentalisme, auquel je m’intéresse beaucoup, sans revendiquer pour ma part autre chose qu’une approche scientifique, méthodique, de ce dont je sais le cerveau capable : une focalisation de la conscience qui stimule immédiatement les capacités mentales de tout un chacun.

Voilà quarante ans que en qualité de médecin et chercheur toujours en activité, j’en constate les effets, décrits dans un livre désormais best-seller, Total Mind Power : Comment utiliser les 90 % inexploités du cerveau, nouvelle méthode pas à pas, méthode on ne peut plus pratique et efficace dont je retrouve certains aspects en lisant les savoureuses expériences de mon ami dans des récits dynamiques et précis à la fois, riches mais accessibles...

Et au fil des chapitres, lus comme autant d’aventures humaines extraordinaires − tu devrais en faire un film, Pascal ! −, je me suis rendu compte à quel point les Occidentaux en général devraient s’ouvrir davantage à des techniques qui, bien menées, bien guidées, ont de quoi apporter l’épanouissement à chacun.
J’ai rencontré Pascal alors que, tous les deux, nous étions invités dans la même émission télévisée en Californie. C’était il y a vingt ans maintenant.

Ce qu’il a présenté était incroyable ! Ce jeune Européen démontrait par ses expériences une maîtrise et une connaissance phénoménale de ses capacités mentales, de ces 90 % du cerveau si souvent négligés. Il n’était pas difficile de prédire que le plus jeune des mentalistes allait vite devenir l’un des meilleurs du monde. La reconnaissance de ses pairs et les nombreux prix internationaux qu’il a reçus le confirment.

Bref, je suis ravi de ce que le mentaliste français ait enfin offert à un large public le récit vrai d’expériences mentales à la portée de chacun. Lisez, relisez, imprégnez-vous de ce livre, et laissez-vous guider par Pascal. Il va, j’en suis sûr, vous apporter un éclairage nouveau, et changer votre vie de tous les jours...

DOCTEUR DONALDO L. WILSON
Auteur de Total Mind Power, fondateur de l’Institute of Mind (Californie, USA).


PROLOGUE

La Soirée de l’étrange, TF1, 27 février 2010

Le taxi m’emmène je ne sais où, encore. Sous le bandeau opaque qui me prive de toute vision, noir de chez noir, je joue le jeu. Je me sens dans la peau d’un kidnappé sans violence. À ma gauche, Sophie, assistante du producteur de Coyote Conseil, la boîte de Christophe Dechavanne. Elle me pose quelques ques- tions. Je sais que Galad, le cadreur, sur le siège avant, réalise quelques plans. J’imagine l’amusement du chauffeur qui ne doit pas tous les jours promener une équipe de prise de vue avec un type aux yeux bandés à l’arrière (il a quand même fallu choisir un indépendant, les taxis assujettis vous font quantité de difficultés dès qu’il s’agit de filmer à bord). La voiture glisse dans la circulation. Cinq minutes, puis une image mentale me vient. Un court instant, s’impose à mon esprit un buste de Marianne, avec son bonnet phrygien et son écharpe. Son écharpe. Marianne. Des images me passent en tête. Le nom virevolte, je l’entends. Pas vraiment Marianne. Maréanne, Maréa... Je le dis à haute voix. Personne ne pipe mot. Silence de mort. « En tout cas, elle représente la France... », dis-je. 


INNOCENCES PRÉCOCES

Je n’ai bien sûr pas le souvenir précis d’un jour donné où je me serais dit quelque chose comme « Je suis mentaliste, mince alors. » Bien sûr que non. D’abord, le mentalisme, inconnu au bataillon. Pas seulement par moi. Personne n’avait jamais entendu parler de mentalisme 1. C’est à peine si l’on parlait d’en- fants surdoués. Le gosse que j’ai été trouvait parfaitement natu- rel d’écouter en classe − quand j’écoutais − ou de lire une leçon une seule fois et de la mémoriser, mot pour mot. Archicourant de connaître la réponse avant la question. Mais pourquoi ne lisent-ils pas leur livre ? devais-je parfois me demander en assis- tant au calvaire de mes copains collés pour leçon non apprise. Il était tellement facile de « savoir ». Tellement pratique de bayer aux corneilles au point de susciter l’intervention de l’instit, Alors, de Clermont, combien? et de lui donner la réponse au petit problème, calculée par la partie de mes neurones qui suivait...

Je la revois bien, mon école landaise d’Aire-sur-Adour, il y a trente-sept ou trente-huit ans. Un soir, à la maison, ma mère, professeure de physique, me voit bien appliqué sur ma feuille blanche.
- Que fais-tu?


SCÈNES DE MAGIK HALL

Le «show», le spectacle, j’y suis rompu depuis ma plus tendre enfance. À quatorze ans, plonger dans une transe hypnotique bêtes et gens faisait partie de mon quotidien. Je « figeais » des lapins, des poules, des souris, des chiens, des chats, des grenouilles, des lézards, de gros insectes, des oiseaux, des poissons, soit par un effet physiologique, soit par la fixation d’une énergie purement reptilienne, autrement dit issue de la partie la plus archaïque des cerveaux de tout être vivant, l’homme compris. Je les hypnotisais par fixation du regard, façon Kaa, le serpent du Livre de la jungle de Disney, ou plus prosaïquement tel un lapin pris dans un faisceau de phares, incapable de bouger. Poules, palombes, oies, colombes, coqs, reptiles y sont sensibles, puis les mammifères de façon plus fine. Malgré tout, pour l’homme, les techniques mises en œuvre ne sont pas les mêmes. Je pourrais bien sûr m’amuser, et amuser le public, à « piloter » en spectacle quelques volontaires. Mais je nesuis pas un hypnotiseur de scène. Je suis plutôt un performer. Chaque prestation diffère de la précédente et de la suivante. Je ne fais jamais la même chose. Je prépare le début du spectacle, j’en arrange la chute, mais tout le reste, c’est de la roue libre, des expériences en direct, improvisation totale, c’est du « jazz mentalisme » : la matière est humaine, imprévisible. D’où la difficulté de me plier à une durée. Les cinquante minutes annoncées se transforment en quarante, quarante-cinq minutes, une heure... Heureusement, jamais personne ne me l’a reproché : le temps passe vite sur mes scènes dynamiques!

Tout y passe. Les phénomènes extrasensoriels et prouesses hypersensorielles y sont rois.


EXERCICES DE MENTALISME 1.

Retrouvez une respiration naturelle

J’enseigne trois premiers exercices de respiration, souvent à des artistes que gêne le trac, à des athlètes avant une compétition, à des managers la veille d’une négociation majeure. Ils reposent sur le travail du Ki, primordial en arts martiaux (lire chapitre IX).

Le Ki, ou Chi, ou Qi selon la région d’Asie est ce « souffle-énergie » qu’ignore complètement la culture occidentale. Il est au cœur de la médecine taoïste et de l’acupuncture. Avec la dernière particule de Ki, la vie cesse. Inutile d’essayer de la mesurer : c’est une force vitale, en soi intraduisible. Que j’aime à désigner sous le terme « intention », car la simple focalisation de celle-ci est en soi une projection de Ki. Elle nous entoure, et passe par les fameux méridiens et vaisseaux extraordinaires niés par les médecines occidentales au prétexte qu’ils sont invisibles − heureusement! Nous vivons en Occident sous la triste exigence de la séparation corps-esprit quand les Orientaux voient un «grand tout» dont il faut rechercher l’harmonie et l’épanouissement. Voici l’exercice de base. 


LE MENTALISTE ET L’AMOUR

Innocentes ou pas, précoces furent mes amours. Le petit provincial que je suis toujours n’a rien d’un grand beau gosse tombeur, mon physique n’est pas mon meilleur atout, je suis un Monsieur Tout-le-monde. Il est pourtant vrai qu’à quarante ans j’ai connu de nombreuses femmes, avec lesquelles j’ai accompli un bout de chemin.

La raison en est toute simple : je ne veux pas m’ancrer dans une relation devenue médiocre. Je la veux absolue, intense, vraie. Je ne chercherai jamais à prolonger un lien pour combler une solitude. Je ne céderai jamais à la crainte de m’éloigner de quelqu’une par peur de l’inconnu. Pas plus que je ne maintiendrai un couple bancal par hantise d’une pire rencontre. Ou parce que je me résignerais : c’est la vie. Non, je refuse une vie senti- mentale et sexuelle de compromis où seraient sacrifiées ma recherche, mes valeurs, ma volonté. Je sais que chacun peut rencontrer, s’il s’en donne les moyens, les partenaires avec lesquelles il est possible de vivre une existence d’harmonie et de plénitude. Puis celle ou celui avec qui atteindre la complétude, sans rien sacrifier. C’est là l’essence du couple. Au prix de choix de vie... Cette exigence de qualité dans la relation, je l’inculque à mes clients. Elle rejoint la cohérence d’une recherche de l’excellence. Que l’on ne se méprenne pas. Je ne veux…


EXERCICES DE MENTALISME 2.

Sexualité : laissez-vous « tantrer »

Oui, la sexualité détient un rôle primordial dans l’amélioration du mental. Oui, un mental épanoui se révèle très favorable à une sexualité épanouie.

Non, il n’existe pas, comme me le demandent certains obsédés par le sexe pour le sexe − dont je dis toute la vanité plus haut − de « déclic mental » qui  ferait        céder     au      plaisir, comparable au boîtier électronique «miracle» imaginé par le dessinateur-scénariste Milo Manara dans Le déclic.

Le développement mental rejaillit sur le comportement, donc sur le charisme, donc sur l’attirance. Si vous améliorez votre mémoire, élargissez votre approche intellectuelle par la mise en œuvre simultanée de zones cérébrales, si vous apprenez à maîtriser stress, angoisse, timidité, alors le succès amoureux vous est promis ! Je ne parle même pas de la mobilisa- tion de l’hyper et extrasensorialité pour une communication totale et immédiate. Et aller vers l’hypersensualité...

Mais abandonnez le fantasme d’un truc infaillible acquis en quelques minutes, au téléphone, gratuitement, comme m’en réclament certains fantasmeurs. Vous comprendrez, en explorant… 


POURQUOI JE NE GAGNE PAS AU LOTO...

Une telle certitude − pourquoi je ne gagnerai jamais − n’a rien d’une précognition : j’en suis sûr parce que je ne joue jamais à aucun jeu d’argent. Ni au loto, ni à la roulette, ni au blackjack, ni au poker, et encore moins risqué-je un cent dans un « bandit manchot 1 ». Lesjeux sont affaire d’argent qui n’est pas... mon affaire, j’ai déjà expliqué qu’il n’est pour moi qu’un moyen. Pas un mentaliste ne s’essaie aux courses hippiques : contrairement à une idée reçue de romancier de science-fiction, la précognition ne s’applique jamais à une combinatoire complexe rapide dominée par le hasard et dénuée d’émotions (les boules du loto sont toutes neutres sur le plan émotionnel, toutes égales, les cases de la roulette n’expriment rien).

Il n’empêche que notre mentalist américain, Patrick Jane, a l’air d’un flambeur heureux au jeu, si l’on en croit l’épisode 6 de la série 1, Impair, rouge et manque 1 : il y montre qu’il sait gagner en peu de temps plus de 250 000 dollars au blackjack avant que le casino ne le chasse « poliment » de la table... Nous verrons que si la scénariste s’est inspirée de techniques de mémorisation réelles − entre autres le comptage de cartes −, elle a quand même pris quelques libertés avec le possible.

Mais pour un mentaliste, il existe jeu et jeu. Commençons par une distinction de taille…


EXERCICES DE MENTALISME 3.

Je peux mémoriser tant de choses

Si vous retenez mieux ce que vous voyez que ce que vous entendez, on dira de vous que vous privilégiez une « mémoire visuelle ». Il ne s’agit pourtant que de la phase d’acquisition, pas de la restitution. De la même manière, l’on sera plutôt auditif, pictural ou sensitif. Se rappeler quelque chose, c’est privilégier les sons, les images, les sensations. Il existe donc pour la mémoire trois systèmes à prendre en compte : le système d’entrée (acquisition et rangement), de conduction (recherche de l’information) et de référence (restitution de l’information). Les diverses méthodes d’amélioration de la mémoire combinent et optimisent un ou plusieurs de ces aspects.

La méthode qui consiste à lier entre elles des informations se nomme « technique de mémorisation associative ». Pour améliorer considérable- ment la mémorisation, certaines méthodes efficaces travaillent l’association. Elles consistent à associer d’autres indices aux caractéristiques propres de l’information à retenir. L’info est alors mieux « encodée », et sa trace ainsi consolidée.

Je croise une personne rapidement sur un parking. Pour me remémorer… 


MES CYCLES DE FORMATION ET LEURS VISITEURS INVISIBLES

Je suis rarement irrité, vous vous en doutez. Mais ce matin du 1er mai 2010, je n’étais pas des plus satisfait, c’est une litote. Face à une assemblée − salle comble − de stagiaires et visiteurs de L’ARCHE, Académie de recherche et connaissances en hypnose éricksonienne 1, je devais refaire une démonstration de la réalité de mes capacités, contestées par des inconnus particulièrement mal intentionnés et formés dans des écoles concurrentes...

Que s’était-il passé? Je viens d’entamer dans les locaux de L’ARCHE une très importante formation certifiante au mentalisme de consultation. La première au monde. Objectif : former de futurs mental coachs dans les règles de l’art afin de donner accès au plus large public à la palette de ces outils. C’est une part importante du progrès que je veux insuffler dans cette discipline. Après avoir formé de nombreux professionnels depuis des années au cours de séances privées, il est temps de constituer et diriger des groupes complets.

Encore faut-il que les terroristes ennemis du concept de développement holistique ne viennent pas, par l’insinuation, la diffamation ou l’attaque frontale, tenter de me déprécier aux yeux des futurs élèves. Or en mars, après une présentation inaugurale… 


EXERCICE DE MENTALISME 4.

Je suis ce que je mange

´ Nous sommes ce que nous mangeons. ª L'homme l'a toujours su. Et l'oublie. L'ouvrage Èponyme de Jane Goodal, messagËre des Nations Unies pour la paix, primatologue, Èthologue et anthropologiste britannique, rappelle une vÈritÈ que la mÈdecine moderne semble redÈcouvrir et que le ´bioª restitue sur fond de prise de conscience Ècologique1. Nous sommes en outre ce que nous respirons, ce que nous buvons, nous sommes la faÁon dont nous nous adonnons au sport ou pas, nous sommes les Ènergies que nous mobilisons, nous sommes au final ce que nous pensons de nous-mÍme et des autres.

Lorsque l’on veut évoluer vers l’« Être », travailler son mental, force est de se souvenir que nous sommes moitié in carnatus (incarné, de chair), moitié in spiritu (en esprit). Le corps nous meut, nous protège, nous prolonge, nous donne les moyens d’agir, nous offre une longévité, une sexualité. Le nier, c’est nous priver de satisfaction et d’évolution. Ne repoussons pas le corps à la façon de certains mystiques qui le perçoivent comme un fardeau de l’esprit. À l’inverse, prosaïquement, n’en faisons pas le centre de notre être en le gavant, en nous abandonnant à la paresse, à la mal- bouffe, à l’inaction béate, bouffis dans une boulimie matérielle, corporelle, en perpétuelle insatisfaction... L’aisance et la fortune ne sont pas les seules causes de ce « gavage ». Bon nombre d’entre les fauchés de tout se détruisent par l’envie même de ces biens à consommer qu’ils convoitent.    Le « plus » corrompt tout autant que la frustration du «moins».

Ce que «j’ai» compte moins que «ce que je fais de ce que j’ai ». La pauvreté n’a rien de spirituel en soi, tout comme la réussite matérielle n’est pas incompatible avec la spiritualité. Pour peu que cette aisance soit utilisée comme…


JE FORME DONC JE SUIS

Mes élèves ne sont pas tous destinés à vivre des phénomènes extrasensoriels, et mes formations n’impliquent pas toutes, loin de là, une exploration des états de conscience étendus. Certains types de séances passent par le face à face, selon un cursus très différent des stages en groupe. Quelques-uns de mes coachés « privés » ont ponctuellement rejoint, sur mon invitation, les cycles de L’ARCHE, dans le dessein de m’aider à encadrer les stagiaires tout en acquérant, alors qu’ils sont déjà initiés à mes méthodes, les moyens d’organiser plus tard leurs propres stages. Dans les formations privées, sur mesure, se comptent autant de futurs thérapeutes, coachs, mentalistes que d’électrons libres venus chercher les techniques de développement personnel adaptées à leurs besoins. En groupe, je l’ai souligné, j’accueille tout autant les uns et les autres dès lors qu’ils sont motivés, qu’ils ont l’esprit ouvert et un vrai désir d’évoluer. Pour tenir compte de leurs besoins, je ne manque jamais de…


EXERCICES DE MENTALISME 5.

Mes recherches hors norme

J’ai écrit qu’une partie de mon revenu s’investit dans mes recherches. Lesquelles passent par de nombreuses lectures sur lesquelles je travaille mes facultés de mémorisation. Ouvrages scientifiques, techniques, philo- sophiques, psychologiques, méthodes de développement personnel, livres de « prospectique » − calculer le futur −, lectures ésotériques, la parapsy... S’y ajoutent les expériences mentalistes, la diététique, les arts martiaux, l’art, les religions et bien sûr l’astrophysique, la physique quantique. Sans parler des innombrables publications privées de référence des professionnels de mon domaine. Selon les périodes, j’aborde parfois une cinquantaine de livres par mois, dont une vingtaine que je lis intégralement. Je fréquente en outre des séminaires et des stages très divers. J’explore les travaux des laboratoires de neurosciences. Mes clients m’aident dans la mesure où je cherche pour eux les dernières avancées, j’apprends, je teste des techniques...

¿ l'image de ce groupe musical français venu me consulter pour savoir si leurs interprétes pourraient...


NE DORMEZ PAS, JE NE LE VEUX PAS !

Oui, Nathalie, c’était bien moi ce collégien qui hypnotisait professeurs et documentaliste, mais je ne les faisais pas « tomber dans les pommes 1 », comme tu dis. Ils entraient dans une transe hypnotique, un état de conscience modifié, assez profond pour sembler évanouis (lire chapitre I).

Voilà bien des lustres que, du reste, par le truchement de ses chamans, de ses devins, en transes collectives, l’homme sait induire volontairement le quatrième des états de conscience naturels après l’état de veille, le sommeil et le rêve. Vous le connaissez tous, à raison d’une fois toutes les quatre-vingt-dix à cent vingt minutes tout au long d’une journée. Vous passez alors par une forme de transe naturelle introspective, consciente ou inconsciente, pendant laquelle votre mental se perd dans ses pensées... Un « Tu es avec nous ? » vous sort soudain de cette transe légère où vous sembliez distrait, en réalité plus que jamais vigilant. L’hypnose ancienne à la façon de…


LE MEILLEUR COMBAT

Quel est selon vous le meilleur des combats ? N’en déplaise à l’image populaire, c’est celui contre soi-même ! Ne vous méprenez pas sur les arts martiaux.

Du moins, ce que l’on nous présente comme des arts martiaux (koryu, en japonais). Il n’y a qu’en Occident que l’on tente de nous convaincre qu’il s’agit de disciplines qui vont au-delà des « sports de combats », et qu’une bonne prise de judo évitera le passage à tabac à un frêle jeune homme. Illusoire. Judo, ju- jitsu moderne, aïkido, même combat : la première ceinture noire venue dans ces disciplines sportives se prend une avoinée sur le trottoir de la part d’un agresseur déterminé. Tombe-t-il sur le bitume en donnant une grande claque au sol pour amortir l’onde de choc, que le judoka se casse coude et poignet. Son réflexe de roulade jambes bien tendues sur un trottoir l’expédie aux urgences, chevilles brisées. Le karatéka qui donne de grands coups de pied et de poing dans le vide pendant des heures pour s’entraîner risque surtout de léser ses articulations. Sans compter les dégâts occasionnés par barre en fer ou en bois sur l’avant- bras d’un karatéka qui bloque une attaque, comme il est enseigné pour la compétition. Un judoka ou un lutteur qui sait fort bien se défendre au sol sur un tatami n’est qu’une proie facile pour une bande de loubards qui se moquent bien des règles du judo de salle. Quant à la magnifique maîtrise qui consiste à saisir un bras de l’adversaire revêtu d’un gi (faussement appelé kimono), et de le projeter en le faisant rouler sur son dos (ippon séoi nagé), elle se terminera mal face à un agresseur bien décidé à ne pas se laisser jeter comme un sac de patates et que rien n’empêche d’étrangler notre judoka en s’accrochant à sa tête lors de la chute, ou à poignarder notre ceinture noire soudain rouge de sang (en vraie défense personnelle, on ne s’avise jamais d’offrir son dos à l’adversaire). Ces gymnastiques réputées douces nous datent de l’ère Meiji, à partir de 1866, quand il s’est agi, après l’interdiction du port du sabre…


RÉUNIONS DISCRÈTES AU SOMMET

René Goscinny, père d’Astérix, ne fut bien sûr pas un druide. Ni un mentaliste. Il avait pourtant bien imaginé, le cher homme, que si les druides rivalisaient en pouvoirs magiques, ils devaient régulièrement se réunir entre professionnels pour faire montre de leurs dernières trouvailles. L’idée nous a valu l’un des meilleurs albums du genre, Astérix et les Goths (1961), où prend place la fameuse réunion secrète dans la forêt des Carnutes. Eh bien, c’est très exactement à ce genre de manifestation professionnelle que sacrifie chaque année une grande partie de la centaine de ment listes réels actifs recensés aujourd’hui dans le monde, sur quelque deux cents mentalistes au total, répertoriés et formés à nos techniques avec succès ! Nous nous réunissons, pratiquement toujours aux États-Unis, pour refaire le monde du mentalisme, nous raconter nos dernières expériences, et bien rire entre nous...

Un seul souci pour en parler : ces « sommets » psi se veulent, à l’image de ceux des druides celtes, des plus secrets. Nul étranger à la profession, nul journaliste n’en franchit les portes. Seules nos compagnes y sont gentiment et partiellement conviées. Rai- son pour laquelle ce chapitre sera moins détaillé. J’entrebâillerai pourtant la porte pour la première fois au monde sans doute sur les congrès de ce métier exceptionnel et si profondément humain.

Il existe plusieurs groupes très fermés de mentalistes dans le monde. Deux principaux, dont l’un...


EN GUISE D’AU REVOIR

La différence entre l’homme et l’animal? L’animal ne se « prend pas la tête » ! Il vit sur un plan holistique dans lequel les manifestations de son mental ne lui sont nullement sujets d’étonnement. L’hyper et l’extrasensorialité ne viennent pas en conflit avec une éduca- tion encadrée où possible et impossible seraient incompatibles ! La rivière coule, qu’on l’observe ou pas. Les animaux se servent de leurs sens, de tous. Quand un chat noir « ouvert » rencontre un mentaliste, le courant passe, forcément.

C’est ce qui s’est passé avec l’un de...


ANNEXE 1 : UN PEU DE SÉMANTIQUE

Même si certains auteurs ont détecté l’existence de son principe dès l’Antiquité, 400 ans av. J.-C., le terme anglais mentalism n’existe officiellement que depuis la fin du XVIIIe siècle 1. Il apparaît très brièvement dans les écrits du philosophe C. M. Graham en 1790 où il définit le mentalism comme l’opposé du terme materialism. Un mentalist étant, donc, selon lui, quelqu’un plus orienté vers le mental que vers les satisfactions et plaisirs maté- riels. Il prend son sens majeur à partir de 1874, au cœur de l’école de la Pensée nouvelle (New Thought Movement), mouvement de réflexion américain centré sur l’exploration des facultés humaines supérieures latentes. Le terme mentalism y est défini comme le travail « sincère et véritable » de développement personnel des capacités sensorielles, hypnotiques, magnétiques (curatif), cognitives et extrasensorielles. Ce mouvement qui voit dans le mental humain la source de tous ces phénomènes s’op- pose de par sa nature même au spiritualisme et au spiritisme très en vogue à l’époque. Un livre va venir synthétiser cette première phase de recherches et poser la définition historique des mots… 


ANNEXE 2

Mentalist : la série de Bruno Heller née d’une profusion de plaques dans les rues de Los Angeles...(O.  Magnan)

Avec une moyenne de 8,3 millions de téléspectateurs pour sa première programmation sur TF1 à partir du 20 avril 2009, Mentalist (rebaptisé The Mentalist en saison 2) a fasciné une France « profonde » toujours accro aux exploits mentaux façon Sherlock Holmes (un mentaliste ?) et passionnée par le « surna- turel», où entrent sans grande distinction hyper et extrasensorialité. À l’actif du créateur, Bruno Heller1, des scénarios toujours soignés, plausibles, sensibles où le suspens de la recherche du « coupable » défie souvent les dons de déduction du fan de série lambda.

Tout au long de mes entretiens avec Pascal de Clermont, j’ai cherché à savoir si les scénaristes de la série en prenaient à leur aise avec les techniques mentalistes, ou s’ils parvenaient, dans le cadre d’une fiction de 42 minutes, à respecter bon an mal an la vraisemblance du titre. Bilan globalement positif : seule la rapidité des réactions du mentaliste Patrick Jane (Simon Baker) trahissait les nécessités du format. Pour aboutir à des résultats voisins, Pascal de Clermont, celui que ses pairs considèrent comme l’un des tout meilleurs professionnels de leur recherche, aurait demandé sans doute un temps de concentration plus grand, quoique ses « performances » sur un plateau de télévision exigent à chaque fois une réactivité en soi comparable. Épuisante. Du reste, ce n’est sans doute pas un hasard si...